LES GENS QUE J'AIME

Notre programmation au Théâtre GiraSole en 2015

1OH25 | Durée 1H25 | Relâche 9, 16, 23 juillet
À partir de 15 ans
Tarifs : 15€ | 10€ (réduit) | 7€ (-18 ans)

 

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Paul Palermo, vous le connaissez. Un gars plein d'amour, adepte du « Oui » ou du « peu importe ».
Il n'a pas les mots qui tranchent : « Non » il ne connaît pas.
Il se laisse embarquer par toutes les propositions et cherche à répondre à toutes les attentes, croule sous les amis, réels ou virtuels, démultiplie les identités. Ils sont nombreux autour de lui : sa fiancée hystérique, un hypocondriaque pour qui il décrocherait la lune, son père, sa mère et ses Feux de l'amour, des politiques de l'extrême, des amateurs SM, une diseuse de bonne aventure, José l'animateur de soirées, Hélène qui voudrait être heureuse et autant d'autres. Cette faune d'incompatibles lui mange les jours, les mois, les années... Il est débordé par tous les visages derrière ses paupières, parce qu'il ne sait plus qui il est lui-même, ni comment arriver à vivre. Alors, avant qu'il ne se dilue complètement, Paul cherche à dérober du temps pour lui, pour être lui, pour savoir qui est « lui ». C'est peu de chose ce temps dérobé à l'autre et Paul avance lentement ; mais c'est déjà quelque chose malgré tout ce peu de temps, c'est une faille, une brèche qui s'est formée et qui débute la pièce avec cette évidence : on est toujours un peu extra-terrestre face à soi-même.
Des scènes brèves enchaînées de manière fulgurante et par les situations, la nécessité de montrer un trop plein d'informations et la façon dont la vie actuelle nous submerge. La solitude de Paul, privé de centre, fait écho sans doute à nos propres solitudes.

Nous voulions tourner autour du nombril d'un lâche, d'un faiseur de promesses, d'un idéaliste. Nous voulions questionner avec humour les obligations qui commandent aux relations sociales, l'anesthésie de notre société et sa dictature du bonheur, raconter avec légèreté l'effroi des attachements, la cacophonie du 2.0 avec le culte du like et l'incohérence de nos vies prêtes à rester dans le mensonge plutôt que d'accepter l'erreur.
Chaque individu, qu'il soit libéral, narcissique ou moral, revendique sa propre liberté et son indépendance. Alors pourquoi ces prisons volontaires ? Pourquoi se laisser contraindre à la recherche du bonheur ? C'est quoi réussir sa vie ? Pourquoi la peur des vies banales, pourquoi la peur de perdre le peu qu'on a ? Pourquoi être là et vouloir faire partie du monde ? Une réflexion sur l'identité et sur le désir d'être aimé. Que sommes-nous prêts à faire, que sommes-nous prêts à brader de nous-mêmes pour plaire, avoir une place dans cette société, réussir, ne pas être laissé de côté.
C'est dans ce plaisir du jeu, dans une scénographie qui tient du décor de cinéma, mobile, factice autant que réaliste, que Les gens que j'aime évoluent avec ce constat premier : ce n'est pas rien être maître de soi, ce n'est pas rien être droit plutôt que redressé, ce n'est pas rien être une évidence nette.


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La Compagnie Le Souffleur de verre a vu le jour en Auvergne en juillet 2003.
Sa responsabilité artistique est assumée par Julien Rocha et Cédric Veschambre, à la fois metteurs en scène et acteurs.

Avec leurs univers singuliers et complémentaires, ils donnent une place centrale dans leur démarche au travail de l'Acteur.
« Le théâtre nous parle du monde et de nous-mêmes d'un peu de côté. C'est par cet un peu de côté qui met de la distance entre nous-mêmes et notre actualité que nous pouvons redonner épaisseur et perspective à notre présent. Et commencer à y voir clair à nouveau.
Avoir un rapport certain à l'Histoire. S'y référer, offrir des points de vue. S'impliquer dans une certaine exigence. Sans hermétisme, cette cohérence éthique tend vers un théâtre citoyen.
Déployer ainsi des problématiques qui appartiennent au monde et faire du plateau, un lieu de l'écrit, un lieu de parole et un lieu de plaisir qui s'adresse à tous.
Vers un théâtre de l'anomalie ?
« Anomalie » : nous avons cru que le mot signifiait un poisson hors de l'eau. Alors qu'il signifie quelque chose qui n'est pas soumis à une analogie ou à une règle, ou quelque chose de curieux, ou d'étrange ou d'exceptionnel. L'exception à la règle. Nous sommes tous victimes de la forme particulière qui est la nôtre. Mais tant pis, ayons les ressorts pour résister.
Ainsi, c'est un théâtre épique que nous défendons qui cultive l'étrangeté, convoque d'autres univers, nouveaux projecteurs qui illuminent différemment notre réalité. Le récit dramaturgique, ainsi projeté dans d'autres mondes, échappe à la linéarité et à l'interprétation univoque. Ce théâtre de l'anomalie se construit aussi dans une rupture de ton (panaché d'humour, de paroles crues, inserts théoriques, politiques, chansons populaires, textes personnels d'acteurs ou de spectateurs). L'anomalie permet d'aborder notre monde avec la plus grande complexité possible où jeux et paroles sont parfois tirés jusqu'au risque de la cassure, pour dire la vérité de l'excès. La proposition théâtrale cherche générosité et jubilation.
Le spectateur doit être chahuté : l'anomalie, petit pois sous les sept matelas qui nuit à l'assoupissement, cherche l'étonnement, l'émotion la plus vraie possible. L'audace est dans la distorsion du temps normatif de la représentation, la résistance à la tentation du traitement direct des thèmes d'actualité, le dépouillement des moyens techniques. Ce théâtre se donne la liberté de proposer de nouvelles règles, mais aussi le luxe de les contredire. Sans vouloir inquiéter, ce théâtre ne se satisfait jamais de rassurer le public. Il l'amène à faire front !

« Essayons de reprendre notre temps quand tout va trop vite et devient illisible. Essayons de préserver l'espace de la recherche, de la rêverie, du détour. Creusons la complexité des hommes, cherchons à comprendre, sans juger, enfermer, ni mépriser. L'important est cette capacité à préserver en chaque chose l'espace de jeu qui lui permet de devenir le théâtre. »

Julien Rocha / Cédric Veschambre

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PRESSE

"Une pièce coup de foudre, dans laquelle la tempête s'abat sur le personnage principal, Paul Palermo. Sur scène, un damier  blanc et noir ressemble au jeu d'échec de sa vie. Accentuée par l'écriture libre de l'auteur et la scénographie à la fois factice et réaliste faite d'objets du quotidien, tout va très vite... Les personnages et les situations s'enchaînent sans heurt mais pas sans dommage pour Paul. Le jeu des comédiens est plein d'humour et ils prennent un plaisir manifeste à questionner le fondement des obligations sociales que chacun s'impose. Ce plaisir a rapidement gagné le public, qui a accueilli cette pièce multiforme avec enthousiasme. "  La Tribune - Le Progrès

Compagnie Le Souffleur de Verre
Cie associée à La Comédie de St-Etienne - CDN

En savoir plus

CREATION 2014

De Sabine Revillet

Mise en scène : Julien Rocha, Cédric Veschambre
Avec : Denis Lejeune, Cécile Vernet, Cédric Veschambre
Création musicale : Matthieu Desbordes
Création lumières : François Blondel
Scénographie : Elodie Quenouillère
Costumes : Ouria Dahmani-Khouli
Décor et costumes : Ateliers de La Comédie - Saint-Etienne

Production Compagnie Le Souffleur de Verre, La Comédie de Saint-Étienne - CDN
Soutien : Ministère de la Culture et de la communication DRAC Auvergne - Conseil Régional Auvergne - Département de la Haute-Loire - Ville du Chambon-sur-Lignon - Ville de Clermont-Ferrand

Compagnie conventionnée par le Ministère de la Culture et de la communication Drac Auvergne & le Conseil Régional d'Auvergne, associée à La Comédie de Saint-Étienne - CDN

Administration : Frédéric Lacquement
Diffusion : Marie-Anne Mazza
Assistanat : Gautier Marchado